L’héritage de la guerre d’Algérie, Entre histoire, mémoire et représentations. The Legacy of the Algerian War , Between History, Memory, and Representations : date limite, le 15 décembre 2011

Ce colloque aura lieu à la  Florida International University (Miami) , les 22 et 23 mars 2012.

La Conférence plénière est sous la responsabilité du Prof. Réda Bensmaïa, et organisée par les French Studies and Comparative Literature,  à la Brown University

Argumentaire du colloque :

Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, le but de ce colloque est d’interroger l’héritage de la guerre qui en permit l’avènement. La guerre d’Algérie fonctionne assurément comme une métonymie pour dire la condition coloniale elle-même, ainsi que l’atteste le succès jamais démenti du film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d’Alger (1966). Très vite perçu comme un moment emblématique de l’anticolonialisme, la guerre d’Algérie, en effet, a engendré un héritage complexe, qui va bien au-delà de la simple opposition France-Algérie et de sa (possible) résolution : ses répercussions, encore présentes des deux côtés de la Méditerranée, relèvent de formes d’expression multiples et composites, souterraines ou ostentatoires, qui traduisent la difficulté à fixer une mémoire – c’est-à-dire à faire advenir le Sens de ce qui demeure confusément un ensemble d’« événements ».

Le colloque a donc pour ambition d’interroger cette mémoire de la guerre d’Algérie à travers les récits historiques produits depuis l’indépendance et les représentations littéraires ou cinématographiques qui la nourrissent, et se nourrissent d’elle. Cette mémoire est de toute évidence problématique comme le confirment les réactions virulentes au film récent de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi (2010). Le colloque sera un moment privilégié pour interroger ce qui agite constamment et douloureusement nos mémoires des « événements d’Algérie », ou « de la guerre d’Algérie », ou de la « révolution »/« thawra », ou encore de « harb al tahrir ».

Cette division symbolique encore douloureuse, opposant des mémoires controversées et contradictoires, nous oblige, comme le suggère Benjamin Stora, à repenser l’écriture de l’histoire au-delà des intérêts nationaux. En d’autres termes, la conversation sur la mémoire de la guerre d’Algérie nous invite fortement à renoncer aux particularismes de l’histoire nationale pour une histoire à plusieurs voix qui ne peut, dans notre cas, s’écrire qu’à l’intersection des mémoires algériennes et françaises. C’est pourquoi il paraît important de faire dialoguer non seulement les récits d’histoire produits depuis le conflit, mais encore les fictions, toujours et heureusement ambiguës. Il nous faudra aussi songer à l’impact international de ce conflit et d’une écriture historique qui implique d’autres acteurs. Située à l’articulation entre les différentes mémoires, entre l’histoire et les représentations, entre la réalité politique actuelle et les imaginaires, la guerre d’Algérie exige de nous une déconstruction méthodique de l’écriture linéaire et rigide de l’histoire nationale, pour une histoire transnationale qui renonce à renforcer la nation par le discours, et pour une fiction capable de transcender les traumatismes.

L’héritage de la guerre d’Algérie, en somme, engage toutes les expériences de l’oppression coloniale à se reformuler de manière plurielle et multidirectionnelle.

Quelques axes que nous allons privilégier :

1- L’héritage de la guerre d’Algérie dans le monde

2- L’impact de la guerre d’Algérie sur la pensée française.

3- Comment écrire une mémoire transnationale de la guerre d’Algérie

4- Fiction et mémoire de la guerre ou comment l’Histoire peut apprendre du discours de la fiction

Veuillez faire parvenir une proposition de communication entre 200 et 300 mots avant le 15 décembre 2011, par e-mail à Maya Boutaghou, Assistant Professor of Modern Languages and Women’s Studies, fboutagh@fiu.edu.

***

The Legacy of the Algerian War

Between History, Memory, and Representations

March 22-23, 2012

The aim of this conference is to interrogate the legacy of the Algerian War fifty years hence. The Algerian War acts as a metonymy, concentrating colonial conflicts as it appears in the movie by Gillo Pontecorvo, The Battle of Algiers (1966). Trough Pontecorvo’s film, the Algerian war will permanently represent metonymically the event of the war, the violence of colonialism and anti-colonial struggles in general. The legacy of the Algerian war could be understood beyond France and Algeria. It is not only the War of Algerian or French people, but it has also become a symbol, maybe a myth, allowing for reflection and discussion on anticolonial struggles. It is still the symbol of resistance to oppression. This is the reason why questioning the legacy of the Algerian War implies addressing the legacy of colonial memory in general. The conference will be a privileged moment to question today’s legacy of what was called in French, “les événements d’Algérie”, but also “la guerre d’Algérie” (Algerian War), or in Arabic, “al thawra” (the revolution), “harb al tahrir” (the war of independence). As the negative reaction to the recent movie by Rachid Bouchareb Hors-la-loi, (Outside the law), 2010, shows, the Algerian War is still controversial. It is still a symbolic divide between France, Algeria and their oppositional memories of the conflict, just as it still represents the opposition between the colonizer and colonized in general. To quote Benjamin Stora, we can write this history only with two voices alluding to what was done by historians, novelists, directors, artists, from both shores of the Mediterranean sea, who try to show the complexity of the clash between memory and History. Important works have already been accomplished around the History of the Algerian Revolution. We will not only address history, but also movies and novels that discuss and rewrite the Algerian War as the turning point for the new postcolonial era. We will consider a time beyond colonialism that could lead to a transnational understanding of History and representations and provide an answer to our questions. We will discuss in terms that articulate imaginaries and real politics, representations and actual discourses, erasing the strong limits between history and fiction. As outlined by Benjamin Stora, there is a resistance to acknowledge that the Algerian War -as other wars in the History of Independent movements– has only a bilateral history, imposing the need to deconstruct a linear understanding of memory and a rigid writing of History as informed by national borders. Maybe the work of fiction could help by displacing borders of Historical discourse as reinforcing nations?

Major perspectives that will be considered:

1- The Global legacy of the Algerian War

2- The impact of the Algerian War on French thought

3- How to write a transnational memory of the Algerian War ?

4- Fiction and Memory of the War: What can History learn from fiction?

Please send an abstract between 200 and 300 words before December 15th, 2011 to Maya Boutaghou, Assistant Professor of Modern Languages and Women’s Studies, fboutagh@fiu.edu.

Responsable : Maya Boutaghou et Pascale Becel

Adresse : Florida International University Modesto A. Maidique Campus Deuxième Maison, Office 21011200 SW 8th Street Miami, FL 33199

Ce contenu a été publié dans Appels à communication. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.