Les « Aitia » ( « causes ») pendant l’Antiquité : entre croyance et connaissance, un « lien » explicatif. Proposition de communication à adresser avant le le 17 août 2011

Université de New York , Département d’études anciennes

Le colloque aura lieu  le 3 décembre 2011

Le Conférencier sera le Professeur Daryn Lehoux (Université  de Queen)

Pourquoi le chant d’un berger a-t-il un écho dans les montagnes? Qui est ce qui cause l’épilepsie ? Pourquoi le prêtre d’Héraklès  à Kos porte-t-il des vêtements de femme ? Les sources gréco-romaines  abondent en mythes des origines, et ils sont tout aussi importants dans la littérature de sagesse du Proche-Orient,  dans les textes apocalyptiques et les récits bibliques. Ces textes disent les « aitia » ( les « causes » ) afin d’expliquer les noms, les rituels religieux, les institutions civiques, les phénomènes relevant de l’artisanat ou  de la nature,  ou encore des  particularités relevant de la médecine. Les « aitia » sont une forme de connaissance collective, créée par la tradition et la mémoire vivante plutôt que par une enquête systématique. Mais parce qu’ils traitent de sujets couverts également  par des sciences anciennes, comme l’histoire, la médecine ou la philosophie naturelle, les aitia  sont situées  à la jonction entre le domaine relevant du divin et celui relevant de la recherche scientifique. De tels textes narrant des causalités diffèrent aussi des récits historiques, dans la mesure où l’aition remplace la complexité de l’évolution diachronique  par un seul instant transcendant de création.

 

L’étiologie est donc un locus important pour examiner l’intersection de la religion et de la mythologie avec les différentes formes de la pensée scientifique antique et  ses modèles. Comment cette intersection est-elle  définie, où  réside-t-elle, et à quelles tensions (le cas échéant), donne-t-elle naissance à ce qui en découle  culturellement ?

Puisque beaucoup d’aitia se rencontrent dans la Poésie, une approche littéraire de l’étiologie a traditionnellement prévalu. Cependant, les organisateurs de cette conférence affirment que l’étiologie est un sujet qui invite explicitement à une approche comparative et interdisciplinaire. L’échange entre ceux qui étudient la mythologie, la littérature et l’histoire intellectuelle, avec ceux qui étudient les sciences antiques, l’anthropologie et la culture matérielle peut améliorer considérablement notre compréhension de ce qu’étaient les «  aitia » dans l’Antiquité .

 

Nous faisons  appel  à des communications  provenant de tous les sous-domaines et les disciplines connexes (monde gréco-romain, Proche-Orient, religion judéo –chrétienne, littératures anciennes,  étude de la culture matérielle etc. ) qui enquêtent  sur des sujets ci-dessous, mais sans s’y limiter :

• conflit et  co-existence entre l’explication scientifique et divine ;  la question moderne de la relation entre la science, la religion et le monde naturel
• Temps étiologique vs temps historique
• Les fonctions socio-culturelles et politiques des aitia; la transmission des aitia; l’importance du partage des explications des origines; la critique antique de l’étiologie
• l’étiologie des cultes ;  la signification religieuse des origines ; les vestiges matériels des cultes et  de leurs aitia locales.
• les représentations artistiques des aitia;  les aitia  à propos de l’art ; les aitia des compétences
• les origines de l’étiologie;  quelles questions convoquent  les   aitia; la crédibilité des aitia
• l’organisation des connaissances par le biais des aitia dans les sociétés orales et très analphabètes.
Les étudiants diplômés qui souhaitent présenter une communication à la conférence doivent soumettre un résumé intitulé de 300 mots ou moins à  ancientaitia@gmail.com, au plus tard  le 17 août 2011, mentionnant  leurs  nom, institution, coordonnées et le titre de leur résumé dans le corps de l’email.

Les notifications seront envoyées dans la première moitié de Septembre.

Les communications seront de 20 mn maximum, et des étudiants de  NYU et du voisinage prépareront  des réponses de 5 mn.

Les questions sur la conférence peuvent être adressées à Inger Kuin et Katia Kosova à la même adresse email.

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