Journalisme et culture. Entre journalisme culturel et culture journalistique, quelle est la culture du journal ? Appel à communication pour le 16 décembre 2011

Colloque organisé les 24 et 25 mai 2012 à Paris, et le 31 mai 2012 à Lyon.
Selon la Grande encyclopédie du XIXe siècle de Pierre Larousse, c’est la « période révolutionnaire » qui voit apparaître « les véritables journalistes » : « tout ce qui sait tenir une plume veut participer au grand œuvre, apporter sa science, son esprit, ses lumières, sa passion ». On sait pourtant combien a été long, et demeure encore fragile, le processus par lequel le journalisme s’est imposé comme une profession à part entière, disposant de ses règles et de ses idéaux propres.
Ce colloque international, organisé conjointement par le GRIPIC (Celsa-Paris Sorbonne), et ELICO (Université de Lyon), souhaiterait analyser sur le temps long le rôle de la culture dans la définition du journalisme – et réciproquement, le rôle de la pratique journalistique dans la définition de la culture. Une journée d’études se tiendra en parallèle à Lyon, plus spécifiquement consacrée au rôle du numérique dans l’évolution du journalisme culturel.
Les différentes perspectives proposées par cet événement éclaireront le paradoxe suivant : à mesure que la presse se professionnalise, devenant un élément constitutif des industries culturelles, la place de la culture dans le journal tend à se marginaliser. L’apparition, au milieu du XXe siècle, de l’intitulé « culture » pour des rubriques périodiques est ainsi le signe imparable d’une dissociation entre les pratiques d’information et l’exercice du jugement de goût.
Doit-on alors penser le journaliste comme un spécialiste de la culture générale ? Et dans ce cas, quelle est la place réservée, dans les médias d’information,  aux experts d’un domaine de la culture dite spécialisée ? Comment comprendre la dimension journalistique du travail effectué, dans les titres de la presse ancienne, par ces hommes de l’art qu’étaient souvent les critiques ?
Le renouvellement des formes et des objets de la culture, tout comme l’apparition de nouveaux supports d’information ne manquent pas de redéfinir cycliquement les relations entre ces deux univers. De l’apparition du journaliste radio – d’abord défini statutairement comme comédien – au développement des sites spécialisés dans l’actualité culturelle, qui mêlent parfois vocation marchande et visée informative, les exemples ne manquent pas qui font bouger les frontières.

Aussi les réponses à cet appel pourront-elles s’organiser selon les trois directions suivantes :

–       1. Les genres du journalisme culturel : archéologie, évolution, état des lieux.
On pourra accueillir ici des approches génériques ou monographiques, qui aborderont un titre, un auteur, une rubrique, pour éclairer les formes de l’exercice critique dans les médias d’information, quels que soient les domaines concernés (art, cinéma, littérature, musique…). Quels sont les formes et les formats de la critique culturelle ? Quelle est l’incidence du support médiatique sur le traitement de l’actualité liée à la culture ?

–       2. Le journalisme, espace de définition de la culture
La « culture » d’un quotidien populaire ne ressemble guère à celle d’un hebdomadaire satirique ou du journal télévisé : si la danse classique trouve dans Le Canard enchaîné un espace éditorial préservé, qui s’honore de la signature de Luc Décygnes, seul Le Parisien intègre la télévision dans ses pages « culture ». Il y a peu d’équivalents européens de la formule incarnée par The New Yorker, associant fiction, poésie, critique et chroniques d’actualité. On pourra s’interroger ici sur les contours de ce que les médias d’information désignent comme culturel, dont la nature varie selon les supports, les époques, et les traditions nationales.

–       3. La culture des journalistes
À en croire Émile Zola, le Petit journal dut son succès au choix de l’inculture ; grâce à son chroniqueur vedette, Léo Lespès, alias Timothée Trimm, « les lecteurs incultes se trouvaient au même niveau que le rédacteur ». Dès la création des premières écoles de journalisme, à la fin du XIXe siècle, s’impose pourtant la nécessité de doter les futurs professionnels d’une « culture générale », aujourd’hui présente dans les référentiels définissant les programmes des formations labellisées.
Dans ce troisième axe pourront s’inscrire des réflexions concernant les parcours de journalistes, sous un angle biographique ou sociologique, et l’évolution de leurs compétences. L’opposition souvent mobilisée entre virtuosité technique et bagage théorique – entre savoirs et savoir-faire – pourra être repensée au prisme de la définition d’une culture journalistique, conçue peut-être comme art de la médiation.

Modalités pratiques
Colloque international et journée d’études
organisés par le GRIPIC (Celsa, Université Paris-Sorbonne)
et ELICO (Université de Lyon)
Avec le soutien du REJ (Réseaud’études sur le journalisme)
Les 24 et 25 mai 2012 à Paris,
Le 31 mai 2012 à Lyon.

EN PARTENARIAT AVEC LE THÉÂTRE DE LA COLLINE
ET LA VILLA GILLET

Les communications proposées ne devront pas excéder 20 minutes.

Calendrier
Les propositions devront être adressées avant le 16 décembre 2011(titre, mots-clés, résumé en 3000 signes maximum) ; les réponses seront adressées aux auteurs dans la semaine du 16 janvier 2012. Le colloque se tiendra les 24 et 25 mai 2012 à Paris.

Contact
adeline.wrona@celsa. paris-sorbonne.fr
william.spano@univ-lyon2.fr

Comité d’organisation
Valérie Croissant
Valérie Jeanne-Perrier
William Spano
Annelise Touboul
Adeline Wrona

Comité scientifique
Sarah Cordonnier (C2so, Centre Norbert Elias, ENS-LSH, Lyon)
Isabelle Garcin-Marrou (ELICO, IEP de Lyon)
Yves Jeanneret (GRIPIC, Celsa Paris-Sorbonne, Paris 4)
Martine Lavaud (Université Paris-Sorbonne, Paris 4)
Danièle Pistone (Observatoire musical français, Université Paris-Sorbonne, Paris 4)
Franck Rebillard (CIM, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3)
Denis Ruellan (CRAPE, Université de Rennes 1)
Emmanuël Souchier (Celsa Paris-Sorbonne, Paris 4)
Jean-François Tétu (ELICO, IEP de Lyon)
Marie-Ève Thérenty (RIRRA 21, Université Montpellier 3)

 

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