La sociabilité en Grande-Bretagne et en France au Siècle des Lumières : formes, fonctions et modes opératoires

Proposition à envoyer pour le 30 juin 2011.

Colloque international « La sociabilité en Grande-Bretagne et en France au Siècle des Lumières : formes, fonctions et modes opératoires »
organisé par le CEIMA (Centre d’Etudes Interdisciplinaires du Monde Anglophone)/HCTI (Héritages et Constructions dans le Texte et l’Image) EA 4249 de l’Université de Bretagne Occidentale, UBO Brest, les 8 et 9 mars 2012 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, Brest.

Ce colloque est le troisième volet d’un projet de la Maison des Sciences Humaines de Bretagne (MSHB), « La sociabilité en France et en Grande-Bretagne au Siècle des Lumières : l’émergence d’un nouveau modèle de société » et constitue le point culminant d’une série de manifestations scientifiques qui ont débuté en décembre 2009. Les travaux fondateurs des historiens français Emmanuel Le Roy Ladurie et Maurice Agulhon dans les années 1970 ont conduit à redéfinir la sociabilité comme une « aptitude à vivre intensément des relations publiques » et permis un renouvellement de l’étude de ses formes et pratiques. Selon des sociologues contemporains tel Michel Forsé, elle « désigne l’ensemble des relations qu’un individu entretient avec d’autres, compte tenu de la forme que prennent ces relations ». Le concept de sociabilité n’a pas la même historicité en France et en Grande-Bretagne où il est utilisé davantage dans le sens de « convivialité » que dans un sens sociologique. Il a fait son apparition dans les sciences sociales grâce au sociologue allemand Georg Simmel qui y voyait une forme d’interaction, insistant sur « le lien de réciprocité qui flotte en quelque sorte librement entre les individus ». Simmel considérait que la sociabilité était une « forme mouvante et jamais définie ». Ce sont toutes ces formes de « relations et d’actions réciproques » qui nous intéressent ici, dans une perspective qui s’inscrit dans le courant interactionniste de l’Ecole de Chicago en particulier, mais pas exclusivement, et qui privilégie une approche culturaliste. Les communications s’articuleront autour de deux axes, la sphère publique et la sphère privée, et examineront l’émergence de nouveaux rituels, d’une nouvelle codification des rapports sociaux, que l’on observe souvent dans de nouveaux espaces de sociabilité où le rôle de la ville fut essentiel. La question du rapport à autrui et de la place de l’individu au sein de nouveaux réseaux devra être explorée et une comparaison systématique entre les deux nations sera effectuée lors de la table ronde de clôture. Les objectifs immédiats de la réflexion menée dans le cadre du projet et plus spécifiquement de ce colloque sont les suivants : *une définition de la signification de la sociabilité pour chacune des deux nations, l’établissement d’une typologie de la sociabilité et l’exploration des modes de résolution du conflit entre individu et société *un examen de l’équilibre entre sociabilité et répression : la sociabilité a-t-elle été instrumentalisée à des fins répressives ? Une telle interrogation devrait permettre une meilleure compréhension du lien entre sociabilité et marginalité *une analyse des relations franco-britanniques au Siècle des Lumières où, en France, l’anglophobie allait de pair avec l’anglomanie, tandis que de l’autre côté de la Manche francophobie et francophilie caractérisaient de la même manière la perception de l’étranger. A plus long terme, ce colloque et les ateliers qui l’ont précédé ont pour objectif ultime une interrogation sur la réalité de l’hégémonie du modèle français de sociabilité. Le thème de la sociabilité est éminemment moderne et d’une actualité prégnante à une époque où l’individualisme et les conduites antisociales semblent l’emporter sur la ritualisation des rapports sociaux. Une remise en question d’un certain nombre de présupposés sur le dix-huitième siècle et sur les relations entre les nations française et britannique n’a pas une simple vocation archéologique mais mène, en dernier ressort, à une réinterprétation du présent.

Cet appel s’adresse aux spécialistes des diverses disciplines des sciences humaines (civilisation, histoire, histoire de l’art et de l’architecture, histoire de la médecine, études urbaines, études sur le genre, littérature) travaillant à partir de sources françaises ou britanniques. Les communications, en français ou en anglais, dureront 25 minutes et feront l’objet d’une publication, après avis du comité scientifique. Les propositions (accompagnées d’un résumé et d’une courte notice biographique) sont à adresser avant le 30 juin 2011 aux organisateurs du colloque : Pr Annick Cossic annick.cossic@univ-brest.fr Pr Norbert Col  norcol@univ-ubs.fr


Call for Papers
International Conference : « Sociability in Great Britain and in France in the Enlightenment: forms, functions and operational modes”. Organised by CEIMA (Centre for Interdisciplinary Studies of the English-Speaking World)/HCTI (Heritage and Constructions in Texts and Images) EA 4249, University of Western Britanny, UBO, BREST on 8th and 9th March 2012 at the Faculty of Arts and Social Sciences Victor Segalen, Brest (France).

This conference is the third stage in the completion of a three-year project sponsored by the Maison des Sciences Humaines de Bretagne (MSHB), “Sociability in France and in Great Britain in the Enlightenment: the emergence of a new social model” and is the climax of a series of scientific events which started in December 2009. The foundational research undertaken in the 1970s by French historians Emmanuel Le Roy Ladurie and Maurice Agulhon led to a redefinition of sociability as “an ability to actively interact publicly” and paved the way for an innovative exploration of its forms and practices. For contemporary sociologists like Michel Forsé, it “refers to the entire nexus of relationships that an individual has with others considering the form of these relationships”. The concept of sociability does not have the same historicity in France and in Great Britain where it is equated with conviviality while its sociological meaning is largely ignored. It appeared at the beginning of the twentieth century in social sciences thanks to German sociologist Georg Simmel who saw it as a type of interaction and highlighted “the reciprocal link which somehow freely unites individuals”. Simmel apprehended sociability as “an unsettled form which is never permanently defined”. All the forms of “relations and reciprocal actions” will be of primary interest to us, from a perspective which takes into account the Chicago School interaction theory, but which is open to other schools of thought and favours a cultural studies approach. Papers will be given along two lines, the public sphere and the private one, and will examine the emergence of new rituals, of new social codes, that often took place in new social spaces where the role of cities was decisive. The question of the relationship with the other and of the part played by the individual within new social networks will be addressed; a systematic comparison between the two nations will be made at the end of the conference in a round table session. The short-term objectives of the research conducted in the conference and also by the members of the project are the following ones: *a definition of the meaning of sociability for each of the two nations, the establishment of a typology of sociability, an exploration of the solutions that were put forward to solve the self-versus society conundrum *an examination of the balance between sociability and repression: to what extent has sociability been instrumentalized for repressive ends? Such questioning should favour a better understanding of the link between sociability and marginality. *an analysis of the Franco-British relationships during the Enlightenment period, at a time when inFrance Anglophobia was matched by Anglomania, while on the other side of the Channel Francophobia and Francophilia similarly informed the perception of the foreigner. In the long run, the conference and the workshops that took place prior to it aim at questioning the often assumed superiority of the French model of sociability. The notion is an adequate tool to assess the validity of various claims and commonly accepted beliefs in the field of the relationships between the two nations. The archaeology of knowledge that it induces leads ultimately to a reinterpretation of the present. The conference will welcome papers from specialists of various research fields, such as history, the history of art and architecture, of medicine, urban studies, gender studies and literature working on British or French documentary sources.
Individual papers given in French or in English should not exceed 25 minutes; a selection will be published. Please send a 250-300 word abstract and a brief biography by 30 June 2011 to the conference organizers: Professor Annick Cossic annick.cossic@univ-brest.fr Professor Norbert Col norcol@univ-ubs.fr

Url de référence :
http://www.univ-brest.fr/HCTI
Adresse : 20, rue DuqueseneFaculté des Lettres29285 Brest Cedex
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