Exposition: « Les Orientales »

26 mars 2010au4 juillet 2010

Après avoir consacré en 2008 ses cimaises à l’exploration du chef d’oeuvre : Les Misérables, la maison

de Victor Hugo s’ouvre aujourd’hui à l’Orient rêvé par le poète à travers une exposition exceptionnelle autour de son recueil « Les Orientales » publié en 1829.

« L’Orient est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations, une sorte de préoccupation générale » écrit Victor Hugo dans sa préface.

C’est au début du XIXe, la Source vive à laquelle viennent s’abreuver les plus grands peintres romantiques et, cet orient éblouissant et mystérieux, commun à toute une génération d’écrivains et d’artistes, trouve dans Les Orientales un miroir de mots, de couleurs, de formes et d’élan (Géricault et Girodet puis Delacroix, Descamps, Colin, Boulanger).

Imaginaire, fantasmatique, tout à la fois cruel et charnel, immobile et mouvant, lumineux et sombre, tout puissant et captif, l’Orient fascine, envoûte, surprend, déroute. Hugo dans son recueil fait alterner épopées guerrières et complaintes charnelles, mais il se fait aussi sensuel, tendre et doux quand il évoque, dans les palais et les sérails, baigneuses, captives, sultanes et autres odalisques.

Entre poésie et peinture, l’exposition fait jouer la gamme de ces correspondances, et met en résonance ces « couleurs orientales » que Hugo lui-même définit dans sa préface comme un oxymore, tout à la fois « éclatant » et « sombre ».

Une centaine d’oeuvres exceptionnelles sont exposées autour d’un ensemble de dessins de Victor Hugo : peintures et oeuvres sur papier (Boulanger, Delacroix, Géricault, Devéria, Girodet, Decamps, Chasseriau, Vernet, Portaels), sculptures (Antoine-Louis Barye), mais aussi livres illustrés et gravures (Vivant Denon, Cassas, Dupré, De Launay) qui rendent également compte des villes et des paysages que les voyageurs ont livré à l’imagination et au rêve des lecteurs – Hugo le premier.

L’exposition se décline en 4 parties autour de 140 oeuvres La première s’ouvre aux grands précurseurs que sont les poètes, explorateurs, voyageurs et conquérants confondus : Bonaparte et son expédition d’Egypte, Chateaubriand (Girodet, Forbin) dont l’« Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris » délimite le territoire de tous les voyages en Orient des peintres et écrivains du XIXe, et surtout à Lord Byron, dont l’engagement en faveur des grecs et les épopées orientales suscitent l’élan de tout le Romantisme européen, (Delacroix, Ary Scheffer, Géricault).

Puis elle entre dans l’actualité de la guerre d’indépendance de la Grèce contre les Turcs, (Delacroix, Ary Scheffer, Descamps, Diaz de la Pena, Géricault, David d’Angers) à travers des poèmes guerriers traversés de figures héroïques qui occupent la première partie du recueil. Un ensemble exceptionnel de portraits (Girodet-Géricault, Delacroix-Bonnington-Monsieur Auguste), pour la première fois réunis, rend compte de la fascination des peintres, autour des années 1820-1830

pour la figure captivante et redoutée de l’oriental.

Une séquence évoque une certaine grâce sauvage …dont le poème Mazeppa (Géricault, H. Vernet, Boulanger) paru à Londres en 1819, impose Byron en figure épique de l’Inspiration. Elle présente également autour d’un ensemble de sculptures

de Barye, un bestiaire tout aussi fougueux, dominé par l’omniprésence des chevaux et des cavaliers (Géricault, Delacroix).

Puis le visiteur pénètre dans l’univers feutré du harem et des femmes – de la « captive » à la « Nourmahal la Rousse », de « Sara la baigneuse » à « Lazzara » – dont émane une sensualité tout à la fois envoûtée, envoûtante et recluse et qui lève le voile sur « cet obscur objet du désir » (Delacroix, Colin, Deveria, Boulanger, Chassériau, Cabanel, Portaels).

Les oeuvres présentées dans l’exposition proviennent de grandes collections publiques françaises et étrangères (musée du Louvre, musée d’Orsay, Bibliothèque nationale de France, musées de Lyon, Lille, Besançon, Angers, de Montpellier…, ainsi que du British Museum, de la Narodny Gallery, de la National Gallery d’Athènes, du musée Benaki, du musée de Charleroi) et de collections privées.

Commissariat général : Danielle Molinari

Commissaires : Vincent Gille, Jérôme Godeau

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